Au voleur, de Pierre Desproges

Hommage a un grand artiste de la langue francaise dont j'ai deja parle ici : Pierre Desproges. Voici le texte d'un de ses fameux sketchs.

Au voleur

6 mars 1986

Quand je vous aurai dit à quel point je déteste la force publique et les bâtons blancs, les procureurs hépatiques à nuque rase, les barreaux aux fenêtres et les miliciens cramoisi-gévéor tiraillant des chiens-loups démentiels électrisés de haine apprise, quand je vous aurai dit, en somme, l'ampleur de ma dégoûtation pour les lois collectives et les marches forcées, m'écouterez-vous enfin, catafalqueux et gauches intellectuels qui tremblotez sous le joug d'un terrorisme par vous-mêmes suscité, m'écouterez-vous encore, mes bien chers frères, si je vous dis que je hais autant les voleurs que les gendarmes ?
Je ne parle pas tant des voleurs professionnels, braqueurs de banque, perceurs de coffres, garagistes, épiciers, etc., qui, certes, s'emparent malhonnêtement du bien d'autrui, mais qui le font avec une conscience professionnelle sur laquelle bien des jeunes gens honnêtes seraient bienvenus de prendre exemple.
Non, je veux parler des voleurs amateurs qui volent n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment, au petit bonheur des portes ouvertes, et qui repartent sans dire merci, en laissant les traces obscènes de leurs pieds boueux sur les draps brodés de grand-mère qu'ils ont jetés à terre pour y chercher l'improbable magot qui sommeille à la banque.
Rappelle-toi, résidu de gouape, reliquat freluquet de sous-truanderie, rappelle-toi cette nuit de printemps où tu es venu polluer ma maison de ton inopportune et minable équipée. Tristement encagoulé de gris, tu viens dans ma maison, la sueur froide sous le bas noir et la pétoire sous le bras. Infoutu de discerner un vase de Sèvres d'un cadeau Bonux, tu voles au ras des moquettes un vieux sac à main où l'enfant rangeait les billets de Monopoly et ses dents de lait pour la petite souris. Triste rat, tu voles bien bas.
La maison dort, sauf le vieux cocker tordu d'arthrite et à moitié aveugle qui rêvasse au salon sur son pouf. Il se lève doucement pour aller te lécher un peu, avec cette obstinée dévotion pour nous qui n'appartient qu'aux chiens. Alors toi, pauvre con, tu lui vides en pleine gueule la moitié de ton chargeur de 11,43. Et puis tu files éperdument, veule et cupide gangstérillon de gouttière, la trouille au ventre et chiant sous toi, piaillant aux étoiles les salacités vulgaires attra-pées au ruisseau. La nuit résonne encore à mes oreilles du cliquetis métallique de ton sac de toile plein de vaisselle. Et moi je reste là, immobile, à te regarder filer. Parce que j'ai peur aussi. J'avoue. Je renâcle à risquer ma vie pour Arcopal et Duralex. Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer : je ne vais quand même pas partir sans lui.
Où es-tu aujourd'hui, grêle terreur des chiens mourants ? Sans doute, courageusement abrité derrière ta quincaillerie militaire, es-tu en train de guetter une petite vieille au coin de sa chambre de bonne, pour lui casser la gueule avant de lui prendre sa carte orange et le cadre en inox avec la photo de ses enfants qui ne viennent plus la voir ?
Je ne te souhaite pas forcément la prison, c'est l'engrais où les âmes pustuleuses et les contaminées s'épanouissent en incurables bubons. Je ne te souhaite pas non plus quelque mort légale qui ferait de toi, infime et dérisoire épouvantail de terrain vague oublié, un héros de chevalerie zonarde pour progressistes illuminés, ou pire encore, une raison de se réjouir pour les nostalgiques des ordres noirs.

En réalité, je ne te souhaite ni ne te veux rien.
Je tiens seulement à ce que tu saches, Al Capone de poubelle, Mandrin de mes couilles à condition qu'on me les coupe, je veux seulement que tu saches que toute la famille se joint à moi pour te prier d'agréer l'expression de mon plus profond mépris.

Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée politique, ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver.

# Posté le vendredi 02 novembre 2007 08:01

Scanners de David Cronenberg

Scanners de David Cronenberg
Je place la quelques notes a chaud sur Scanners :


Il faut commencer par souligner le rôle fondamental de la musique d'Howard Shore (fidele compagnon de route de Cronenberg) pour faire sentir aux spectateur des phénomènes invisibles a l'écran. L'image ne peut montrer que les conséquences (explosives) des échanges télépathiques, pas la manière dont ils se produisent. La musique tend donc a combler ce handicap : les orgues ( ?) et la musique aux résonnances électroniques, qui s'éloigne un peu des traditionnels violons du film d'horreur, expriment a merveille les dérangements psychiques des Scanners. Les grésillements et autre couinements stridents présentent le cerveau humain comme un système électronique susceptible d'être scanné et court-circuité.
De même, les bruitages, plus que l'image, placent régulièrement le spectateur dans la position subjective du Scanner, dans les moments ou il se sent envahi par les voix qui l'entourent (le volume de l'environnement sonore dans lequel se trouve le personnage est anormalement élevé).
La seule astuce utilisée par Cronenberg pour représenter la télépathie par le biais de l'image consiste a superposer successivement des gros plans sur les visages entre lesquels la relation de télépathie s'établit.

Scanners se révèle au final être thématiquement très proche de Videodrome : une multinationale mystérieuse, une drogue qui introduit des dysfonctionnements psychiques et cette idée centrale que les forces de la pensée sont potentiellement supérieures a celles de la technique : les pistolets ne sont d'aucune utilité face aux Scanners et le héros, Cameron Vale, parvient a faire exploser les ordinateurs de l'entreprise âpres les avoir pénètres.
On peut également rapprocher Scanners de The Brood (Chromosome 3 en Francais), avec lequel il partage une réflexion sur le thème de la filiation, de l'héritage familial. Tous deux montrent comment les parents (leurs ambitions, leurs frustrations, leurs souffrances) déterminent l'existence et le comportement de leurs enfants.
C'est un peu ca aussi le génie de Cronenberg : faire passer des mélodrames familiaux poignants a travers le filtre du fantastique et de l'horreur.

PS : J'ai deja parle de Videodrome sur cette page : http://largo07.skyrock.com/3.html
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# Posté le jeudi 25 octobre 2007 06:45

Avant que j'oublie de Jacques Nolot

Avant que j'oublie de Jacques Nolot
Retour au cinema, avec un petit film francais sorti il y a peu et que j'avais visionne a Cannes.

**

D'emblée, Avant que j'oublie annonce la couleur. Ou plutôt l'absence de couleur. Un point noir grossit a vue d'½il et envahit la surface blanche de l'écran jusqu'à la recouvrir complètement. Ces quelques secondes d'animation semblent pouvoir être entendues comme un résumé schématique et accéléré de l'existence passée du personnage principal. La contamination du noir comme métaphore de la corruption de son âme, allant de pair avec l'extinction des passions de son corps. Le blanc s'amenuise a vue d'½il, rappelant la peau de chagrin balzacienne qui lorsqu'elle disparait, précipite son propriétaire dans la mort et le néant. Mais voila, Nolot, lui n'est pas encore mort et c'est un peu le problème.

Il incarne avec toute la désinvolture possible, un dandy parisien, homosexuel, décadent et dégénéré, littéralement consume par les plaisirs. Sa chaire flasque, ne répond plus vraiment aux stimulations de l'existence. Son errance oisive se résume des lors a une succession mécanique de plaisirs égoïstes : cigarettes, bouffe, alcool, sexe, tous assouvis par le biais de services payants donc vides de sentiments (gigolo, livraison a domicile...). Sa vie ne tient plus que par ces petites habitudes, échouant a combler un vide sentimental insurmontable. Sa camera, usant et abusant du plan-séquence, enregistre de manière hésitante ses interminables déambulations dans les couloirs de son appartement, épousant le spleen du personnage, comme un chien fidele qui chercherait en vain a aider son maitre a retrouver ce qui lui fait cruellement défaut.

Quand l'envie n'est plus la, que la vie semble derrière soi, la question de l'héritage relève du faux-problème. Pierre n'a que faire de l'argent puisque rien ne lui apporte véritablement de plaisir. Ces histoires de fric et de testament ne lui font que sentir un peu plus cruellement la disparition d'un être chère. Jacques et ses amis semblent être les derniers représentants d'une race en voix d'extinction (le SIDA leur aura été fatal) : celle d'une bourgeoisie raffinée, rentière, et ayant jouit des plaisirs homosexuels jusqu'à overdose.

Dans l'antichambre de la mort, envahie par les ombres des plaisirs passés, que faire sinon écrire ses mémoires, se souvenir, témoigner. C'est ce a quoi Pierre s'astreint sans que cela ne lui apporte aucun soulagement. Ecrire se réduit apparemment a une routine supplémentaire. Le stylo fait un bien piètre compagnon de route. Nous, on se dit que Nolot aurait bien fait de l'utiliser avec un peu plus de recul au moment de l'écriture de son film, tant il semble se complaire dans la torpeur de son existence et l'obscénité de sa chaire flasque. D'ailleurs, si les scènes de sexe crues sont elles aussi absolument obscènes, ca ne tient pas tant a leur nature homosexuelle qu'a l'âge des protagonistes. Le parti pris le plus problématique étant cet acharnement à filmer, comme pour mieux la dénoncer, sa propre décrépitude. Il en résulte une ½uvre morbide qui demeure close sur elle-même sans que jamais ne s'esquisse la possibilité d'une ouverture.

Le véritable problème de Pierre, revenons-y et finissons-en, c'est donc qu'il ne supporte plus (et du coup le spectateur aussi un peu) cette enveloppe corporelle pourrie de l'intérieur, sans jamais avoir le courage du suicide. Le dernier plan -esthétiquement stupéfiant car usant de couleurs criardes jusque la étouffées par le gris de la photo- fait l'effet d'un flash foudroyant et onirique. Il dévoile l'ultime tentative de Jacques pour se délester de cette identité encombrante. Travesti, adosse contre le mur d'une boite sordide, il fume la dernière cigarette du condamné avant d'abandonner, enfin, son âme maudite aux ténèbres.

On se demande alors ce que peut bien devenir aujourd'hui l'auteur, maintenant qu'il a mis en scène sa propre agonie

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 12:32

Une visite au British Museum

Une visite au British Museum
Une visite au British Museum

Peintures indiennes : « Des saisons et des sentiments »

Il y a dans les peintures indiennes une simplicité du dessin, une naïveté et une innocence dans la représentation des sentiments (l'amour en premier lieu), qui les rendent touchantes. Si l'on tente d'imaginer la personnalité du peintre derrière la toile, on voit un homme humble au service de son art, de sa tradition, voire de sa religion. Impression confortée par la petite taille de la plupart des tableaux, facilement transportable pour être vendus au colon anglais ou pour illustrer une légende racontée de village en village. Rien à voir donc avec, mettons les grands peintres religieux de la Renaissance qui rivalisaient de fastes sur des toiles immenses (voire des peintures murales).

Une autre caractéristique des peintures indiennes tient dans le caractère figé de leurs personnages. Immobiles, un bras tendu, ou le visage détourné, ils expriment un rapport simple à l'autre. La plupart des tableaux représentent des Dieux et racontent des épisodes mythiques de leur existence. Ces scènes restent vierges de toute ambiguïté, c'est à la fois leur force et leur principale limite.

Quant au sentiment de naïveté ressenti face à ces peintures il provient certainement de cette idée ancienne (universelle?) qui consiste dans l'illustration d'un sentiment par une saison ou un phénomène naturel, tel que la mousson symbolisant la colère intérieure d'un personnage tourmenté.

Le cinéma d'aujourd'hui s'y réfère encore régulièrement. Lady Chatterley, par exemple, s'épanouit au rythme des saisons, à mesure que les bourgeons se transforment en fleurs. Pascale Ferran développe tout au fil du récit un « devenir nature » des sentiments et des sensations. A l'inverse, en y réfléchissant, dans les Climats, Nuri Bilge Ceylan prend le contrepied de cette idée d'exprimer un sentiment à travers les couleurs d'une saison. Le couple du film éclate sous un soleil bouillant, au bord de la mer. Les rayons ne réchauffent pas les coeurs, ils font suer. Ils tapent sur les nerfs. A l'inverse, la tentative avortée de réconciliation du couple se produit en hiver quand les corps frileux éprouvent cruellement le manque de chaleur humaine. Le retournement effectué par Ceylan devient intéressant, replacé dans ce contexte.



Grèce antique

Le visages des statues ou des bustes grecque, tout de marbre resplendissants, ont presque tous des yeux immaculés, comme le blanc de l'oeil.
Cette absence de traits, qui préciseraient les détails de la pupille leur donne l'air d'aveugles sévères et terrifiants, comme s'ils étaient frustrés que de notre époque nous puissions les scruter, les dévisager, leur tourner autour, sans qu'ils puissent en faire autant.

Leur regard est foudroyant.
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# Posté le mardi 09 octobre 2007 14:46

Retour sur l'imposture photographique

Retour sur l'imposture photographique
Retour sur l'imposture photographique par le biais des photos « people »

NB : pour les définition de Barthes des concepts de studium et de punctum, voir le texte ci-dessous.


Après avoir vu défiler sous mes yeux (très très ébahis) des centaines de photos que l'on regroupera dans la classification « people » pour que chacun sache bien de quoi il est question, je comprends mieux ce système de représentation. Plus que tout autre type de photo, la photo « people » et les codes qu'elle porte en elle, met en scène une idéalisation de la réussite personnelle et professionnelle qui éveille chez le spectateur auquel elle est destinée un double mouvement de fascination et de frustration. Les « stars » qui défilent sur les tapis rouges des premières hollywoodiennes, inondées par le crépitement des flashes, posent, en répondant consciemment ou non à des critères prétendument objectifs qui en font des modèles (dans tous les sens du termes). Elles accrochent toutes à leurs sourires immaculés les plus belles parures et les costumes les plus élégants, incarnant dès lors une certaine idée (très occidentale) du glamour, c'est-à-dire une apparence qui les distinguent du Mr tout-le-monde. Leur apparence joue comme un miroir déformant posé entre leur véritable personne et le spectateur, imposant une distance admirative à sens unique, rendue possible par le principe même de la photo (pas d'échange, le regard du spectateur ne lui est jamais véritablement rendu)

Dès lors, la photo « people » ne tolère pas le moindre défaut qui risquerait de gâcher le tableau. Le studium de Barthes absorbe toute l'image et l'asphyxie, ne laissant aucune place à l'imprévu. Les stars sont toutes interchangeables et les photos n'ont pas plus de valeur que de vulgaires photos d'identité.

Plus que toute autre photo, la photo people propose un système clos sur lui-même fondé sur les trois piliers : beauté, richesse, célébrité. De cette asphyxie est née un nouveau genre de photo people, que l'on regroupera sous le terme fourre-tout de « trash ». En un mot, l'antithèse de la photo glamour. Rien de bien original là-dedans. De la prétention illusoire des photos glamour à mettre en scène la perfection humaine, découle l'obsession de la photo « people-trash » pour les défauts et imperfections en tout genre de l'apparence; comme si on cherchait cette fois-ci à se débarrasser du studium, pour ne conserver que le punctum de la photographie. L'arme principale de cette fausse révolution étant bien entendu le zoom. Je parle de fausse révolution dans la mesure où la presse spécialisée entretient soigneusement cet équilibre entre ces deux excès comme pour mieux les neutraliser, refusant de choisir entre ces deux régimes d'image.

Mais là où bien des commentateurs divers se trompent, c'est, je crois lorsqu'ils affirment que les photos « people-trash » ont vocation à faire redescendre sur Terre les stars, pour que nous, pauvres mortels, puissions les toucher du doigt et se rassurer en pensant que finalement ce sont des personnes comme nous. Car, on a beau savoir que Britney Spears a de la cellulite ou que machin à le nez qui tombe en miettes à chaque rail de blanche, on sait pertinemment bien que ça n'en fera pas pour autant des personnes « comme nous ». La réalité, c'est que Britney engagera un coach personnel et que machin passera sous le bistouri. Bref, l'effet de réel émanant de ce type de photo, au lieu de rapprocher les idoles de notre quotidien ne fait que les éloigner d'avantage.

Une autre idée reçue consiste à affirmer qu'avec ces photos la ménagère a l'impression de partager la même vie que les stars, de les connaître pour ainsi dire intimement. Or, toutes les photos du monde ne sauraient faire naître un sentiment de proximité entre le spectateur et le sujet. La photo ne rapproche pas, elle met à distance et les zooms les plus puissants ne changeront rien à l'affaire. De la photo glamour à la photo trash, de l'omniprésence du studium à celle du punctum, on bute inlassablement sur des signes et des informations muettes.


On en conclura l'incapacité criante de la photographie à faire sentir, éprouver la vie qui souffle dans chaque être représenté (rappelons l'idée de Barthes sur la photographie comme rémanence de la mort). Car la photographie est irrémédiablement lisse, elle fige les êtres dans une époque, un paysage, une expression, et qu'importe au fond si les sujets sont conscients d'être photographiés ou non, la photo ne procurera jamais qu'une somme d'informations parcellaires sur leur personne, sans jamais la montrer telle qu'elle est vraiment. C'est sans doute la raison pour laquelle on se trouble souvent à la vue d'une photo de soi-même en se disant que « ce n'est pas nous », mesurant à travers cet exercice douloureux l'écart entre l'image que l'on a de soi et celle qui est véhiculée par notre apparence à un instant T.

A la fin du texte sur Barthes, la photographie et Billy the Kid, j'affirmai que l'imposture photographique résidait dans cette prétention à faire passer la pose -qui est une construction, une articulation de plusieurs éléments pour créer du sens- pour le réel même. En fin de compte (et toujours avec Barthes), il nous faut élargir cette idée à tous les types de photographie, posées ou « spontanées ». En effet, la photographie est d'autant plus dangereuse qu'elle fut le premier art à saisir le « réel », le matériel, le concret, ce dont on ne peut contester l'existence, « ce-qui-a-été ».

Toujours se méfier des évidences, construites ou non, qui imposent leur présence et ne laissent pas de place à la discussion. Ce sont autant d'obstacles à la recherche de l'indicible, de l'invisible, c'est-à-dire de ce qu'on peut rencontrer de plus fragile et de plus précieux.
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# Posté le dimanche 07 octobre 2007 15:53

Modifié le lundi 08 octobre 2007 01:01