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Eve et La Comtesse aux Pieds Nus de Joseph Mankiewicz

Eve et La Comtesse aux Pieds Nus de Joseph Mankiewicz
Quelques notes prises rapprochant All about Eve et La Comtesse aux Pieds Nus :

Les deux œuvres de Mankiewicz ont recours a un procédé narratif qui constitue, avec le recours a la voix off, la marque de fabrique du cinéaste: le flashback.
Alors que le flash-back dans Eve part du moment ou l'actrice est a l'apogée de sa gloire, celui de la Comtesse aux Pieds Nus part de l'enterrement de la star. Ces deux amorces de récit annoncent clairement le ton du reste du récit. D'un cote le récit ironique d'une ascension, de l'autre un conte désenchanté, version noire et moderne de Cendrillon.
Toutefois, les deux films ont en commun un franc cynisme a l'égard du monde du spectacle (théâtre/cinéma), corrompu par l'argent de riches héritiers et ronge par l'ambition démesurée des actrices et des agents. L'alcool qui coule a flot dans les soirées mondaines achèvent de pourrir les relations amoureuses ou professionnelles en libérant la méchanceté et l'égoïsme que les personnages portent en eux.

On peut penser que Eve fait montrer d'une plus grande originalité au niveau de son scenario dans la mesure ou la personnalité de l'héroïne change radicalement a mesure que le récit progresse. L'orgueil et l'ambition de la jeune femme l'amènera a révéler ses talents machiavéliques.
De plus, la fin du film qui "boucle la boucle" (on comprend que Eve, après avoir détrôné la star sur le déclin sera a son tour remise en question par une jeune assistante aux dents longues), confère a l'ensemble une amertume, une noirceur et un fatalisme que rien ne semble pouvoir remettre en question. L'homme est un loup pour l'homme depuis que le monde est monde, semble nous dire Mankiewicz. Au théâtre ou ailleurs, il y aura toujours de jeunes femmes angéliques prêtes a tout pour porter les robes luxueuses de leurs idoles.
La morale désenchantée du film n'apparait donc clairement que dans les derniers plans du film, contrairement a ce que la technique narrative du flash-back pouvait laisser supposer.

A l'inverse, La Comtesse aux Pieds Nus ne dépasse jamais ce point de vue initial a partir duquel est raconte l'histoire. Par conséquent, la suite est plus attendue. L'auteur ne cherche pas vraiment a bousculer les attentes du spectateur. C'est un conte dont on sait qu'il finira par "Ils se marièrent, ne vécurent pas heureux, et n'eurent aucun n'enfants, même pas un chien", D'ou une petite déception après le magistral tour de force que constitue All About Eve, un film "parfait" a bien des égards.

Question subsidiaire : pourquoi Mankiewicz éprouve-t-il si souvent le besoin de présenter les protagonistes par l'intermédiaire de la voix off? On pourrait s'attendre a ce qu'il fasse confiance a ses talents réputés de dialoguistes pour les caractériser.

PS : Ne manquez pas dans Eve, la jeune debutante Marylin Monroe interpretant une eleve du Conservatoire d'art dramatique de Copa Cabana !

# Posté le vendredi 15 février 2008 12:31

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